Megan Moroney à Paris : l’Emo Cowgirl a conquis le Trianon
Le rendez-vous était très attendu. Après avoir conquis le public américain et commencé à s’installer durablement parmi les nouvelles figures de l’industrie country US, Megan Moroney posait pour la première fois ses valises à Paris. Ce lundi 21 septembre, le Trianon accueillait son Cloud 9 Tour. Une première française qui s’est révélée particulière pour l’Emo Cowgirl...
Colin Lynch pour lancer la soirée
Avant l’arrivée de Meg, c’est Colin Lynch, auteur-compositeur-interprète de 20 ans originaire de la banlieue de Philadelphie proposant une country aux couleurs folk et americana, qui avait la responsabilité d’ouvrir la soirée.
Le jeune homme nous a offert un set d’une trentaine de minutes, seul avec sa guitare et son harmonica. Un style proche de Zach Bryan, un grain de voix rappelant celui de Wyatt Flores, un songwriting inspiré de Jason Isbell… Entre ballades et chansons up-tempo, Colin a profité de chaque seconde sur scène afin de permettre au public parisien de découvrir son univers, le tout avec une énergie solaire et un sourire qui ne l’a jamais quitté.
Une jolie surprise pour nous, et un talent que nous allons suivre.
Megan Moroney assure le show
Quelques minutes plus tard, le live band fait son apparition et fait résonner les premières notes de la soirée dans le Trianon. Megan Moroney fait son entrée sur “Stupid” et “Medicine”, donnant immédiatement le ton d’un concert qui va naviguer entre les différentes périodes de sa jeune carrière.
Avec Cloud 9, son troisième album sorti en février 2026, la chanteuse dispose désormais d’un catalogue suffisamment riche pour construire un véritable voyage au travers de ses titres mais le concert ne s’est pas limité cet opus : Meg a puisé dans tout son répertoire pour construire une setlist qui a permis de mesurer l’évolution de son univers musical, ses derniers morceaux côtoyant ceux de Lucky et de Am I Okay?.
Avec 21 titres dont les attendus “Wish I Didn’t” et “Beautiful Things”, l’Emo Cowgirl a offert à son public parisien des chansons comme son tout premier titre “Wonder”, “Lucky” & “I’m Not Pretty” issu de son premier album ou “Bless Your Heart” et “No Caller ID” que l’on trouve sur Am I Okay? .
Et s’il y a bien des choses qui nous ont impressionné avec Megan, c’est la capacité qu’elle a à passer d’un registre à l’autre sans perdre le fil de son identité (et à passer d’une tenue à l’autre avec 4 outfits différents), sa présence scénique, sa justesse vocale et la proximité qu’elle a avec son public, ne manquant jamais de rendre les mains en cœur et bisous qui lui sont envoyés. Toute proportion gardée, on ne sera pas étonné de la voir partir avec un award d’Entertainer of the Year dans quelques temps…
L’Emo Cowgirl face à son public français
“J’ai fait beaucoup de concerts sur cette tournée, vous avez vu sur les réseaux que j’ai fait de très grandes salles” nous a confié Meg. “Mais ce que j’aime dans cette partie européenne, c’est jouer dans de plus petites salles. Je reviens à mes débuts, j’ai l’impression que nous sommes ensemble dans mon salon et je me sens plus proche de vous. C’est une énergie qui me manquait !” avant de nous offrir une chanson surprise avec “Nothin’ Crazy” qu’elle n’avait jamais interprétée sur cette tournée.
Cette date parisienne semblait en tout cas avoir une valeur symbolique. Le Cloud 9 Tour constitue la première grande tournée internationale de Megan Moroney et son passage au Trianon marquait sa première date française pour laquelle elle a avoué au public être accompagnée de ses proches, notamment de ses parents, présents dans la salle.
Avec une carrière qui a décollé en 2023 seulement, la chanteuse est déjà capable de remplir des arenas de 15.000 à 25.000 personnes aux États-Unis et désormais de traverser l’Atlantique pour rencontrer son public européen. À Paris, la rencontre semblait particulièrement attendue, la queue pour entrer dans la salle débordant largement sur la rue adjacente. Et même si une fois de plus le public était très largement anglophone, l’ambiance était similaire à ce qu’on pouvait voir sur les vidéos de ses concerts US : une audience jeune, respectant ses dress codes avec des robes roses de partout, qui lui a rendu ses chansons mot pour mot, sincèrement, bruyamment…
Les chansons de l’artiste de 28 ans parlent en effet de ruptures, de relations compliquées, de doutes et de sentiments très personnels où un grand nombre de personnes peut s’identifier. Mais derrière les productions modernes et l’esthétique très identifiable de l’Emo Cowgirl, Megan Moroney reste avant tout une auteure-interprète qui raconte des histoires dans lesquelles son public est très investi émotionnellement. Et elles prennent évidemment une toute autre dimension lorsque le public les reprend avec elle.
Le Trianon, premier chapitre d’une nouvelle histoire parisienne ?
Car oui, le tout Paris a certainement entendu résonner “Tennessee Orange” et “Am I Okay?” depuis le Trianon que la salle a vécu avec un investissement qui a ressemblé à une immense thérapie collective, avant de conclure avec l’énergie positive de “6 Months Later”. Après avoir réalisé cette première scène française, Megan Moroney sait qu’elle peut désormais compter ici sur un public qui lui offrira le même engouement qu’aux US.
En quittant la salle, une chose est devenue certaine : grâce à cette tournée en Europe et son extension australienne à venir, Megan Moroney n’est désormais plus seulement une artiste à suivre de loin, depuis les États-Unis. Et après cette première rencontre avec le public français, l’Emo Cowgirl possède désormais son propre chapitre parisien.
Une promesse a même été faite durant le concert : “J’étais avec ma famille, j’ai fait du shopping, j’ai vu la Tour Eiffel, j’ai mangé des croissants, ce sont des choses qu’on rêve de faire en France ! Et vous êtes un public extraordinaire, je passe une belle soirée avec vous… Paris, soyez sûrs que je reviendrai !”.
Reste maintenant à savoir quand… et surtout dans quelle salle.

