On Parle Country Music avec Justine Beverley
Artiste country française et émergente outre-Manche, Justine Beverley s’est notamment produite sur les scènes des festivals “Country 2 Country”, “Celtic Connections” ou encore “Country on the Clyde” et a été mise en avant par le média Holler - qui compte plus de 80.000 abonnés - grâce à sa chanson “On n’oublie pas”. Quelques jours après la sortie de son nouveau titre “Second Look”, j’ai eu la chance de me voir accorder quelques dizaines de minutes par celle qui est aujourd’hui basée à Glasgow.
Justine, pour toutes les personnes qui ne te connaissent pas : présente-toi, parle-nous de toi, dis-nous qui tu es !
Je m'appelle Justine Beverley. Ma mère m’a donné “Beverley” comme deuxième prénom car c’était le prénom d’une une artiste chanteuse qu’elle aimait quand elle était enceinte de moi. J'ai commencé la musique il y a 3 ans à peu près, après mon arrivée en Écosse. J'avais commencé à prendre des cours de guitare en France et ça ne me venait pas du tout naturellement. Mais j'ai toujours adoré chanter et après m’être rendue à mon premier open mic à Glasgow, de fil en aiguille, j'ai décroché en 2024 mon premier festival qui était “Celtic Connections” et depuis j’ai joué d’autres concerts et festivals, et j’ai commencé à enregistrer mes chansons originales et sortir des singles, avec un EP prévu pour la fin du printemps de cette année.
Qu'est-ce qui t'a emmenée vers cet open mic ?
J'ai vécu en Australie pendant deux ans à peu près. J'avais une copine qui était chef cuistot et dans l'hôtel où on travaillait toutes les deux, il y avait justement des open mic. Et un jour on s'est dit “ben tiens, on n’a qu'à y aller ensemble”. Elle jouait de la guitare, moi je chantais et j'avais adoré cette expérience. Je m'étais dit que quand je rentrerai en France, j'essaierai de jouer de la guitare moi même pour ne pas avoir besoin d'être dépendante de quelqu'un d'autre. Et en fait pendant tout le COVID, j'ai essayé d'apprendre la guitare par moi-même.
Trois ans après le COVID, ça n’allait pas du tout au boulot, j'avais un chagrin d'amour... Ça a l'air bête comme ça mais j'avais besoin de quelque chose pour me distraire et je suis allée à cet open mic à Glasgow qui a été l’élément déclencheur.
Quand on commence avec une guitare, il y a plein de plein de possibilités, plein de chemins qui s'ouvrent en terme de styles. Comment en es-tu arrivée à la country ?
Ca n’a jamais été un un choix, c'était plutôt une évidence ! J'ai grandi avec ma mère qui écoutait Shania Twain tout le temps donc on avait le CD “Come On Over” en boucle. C'était ça, Céline Dion ou les Cranberries... C'est vrai qu'après, j'ai passé pas mal de temps aux US en vacances. A chaque fois qu'on allumait la radio, c'était de la country : Florida Georgia Line, Blake Shelton, Hunter Hayes… Et j'ai commencé à associer les vacances et les grands espaces avec la musique country : quand j’étais en France et que j'allais travailler dans la banlieue de Paris, je passais du temps dans les embouteillages du périph et avec cette musique, j'avais l'impression d'être complètement ailleurs. Disons que c'était un peu une porte de sortie et lorsque j'ai commencé les open mics, je n'avais pas de chanson à moi donc je faisais des covers de Zach Bryan, Miley Cyrus ou encore Lainey Wilson…
Justement, tu as des artistes qui t'influencent particulièrement ou que tu aimes écouter ?
Je me suis rendue à mon premier open mic la semaine après avoir été au concert de Kelsea Ballerini à Glasgow. D’ailleurs c'était une toute petite salle et c'était une expérience extraordinaire, j'étais super proche de la scène et je me suis dit que j’aimerais beaucoup être à sa place ! Quelques semaines après, je suis allée au festival “Country 2 Country” à Glasgow et c'était Lainey Wilson qui était sur la main stage. Je l'avais déjà repérée dans Yellowstone et à partir de ce jour-là, je suis devenue une grande fan…
Donc Lainey Wilson, Kelsea Ballerini au début, et aussi Carly Pearce sur le plan féminin. J'ai aussi été plusieurs fois à des concerts d’Evan Honer qui a des qualités de songwriter qui sont pour moi inégalées... Mais je suis une grosse grosse fan de Morgan Wallen, j'avais été le voir à Glasgow et c'est mon “top played artist” tous les ans depuis 3 ans !
Tu t'es déjà produite sur certaines scènes et dans certains festivals outre-Manche, notamment sur les scènes acoustiques du Country 2 Country qui est un grand festival international où les plus grandes stars de la country US investissent Rotterdam, Berlin, Belfast, Glasgow et Londres. Les choses ont donc l'air d'aller assez vite… Mais comment t'es-tu retrouvée à jouer à ce festival ? Deux fois en plus si je m'abuse…
Trois fois même ! C'était un peu un hasard la première année, On m'a toujours dit “qui ne tente rien n'a rien”. J'avais joué mon premier gros set au festival “Celtic Connections” en janvier et à cette même période, j'étais en recherche de travail donc je n'avais pas trop de temps à dédier à la musique et fin février, j'ai entendu des amis qui disaient qu'ils avaient été sélectionnés pour la scène acoustique du “Country 2 Country” qui est début mars. J'ai demandé qui était leur contact en me disant que sur un malentendu, ça peut marcher. J'ai envoyé un email en leur disant que si jamais il leur restait des places de dernière minute, j'étais disponible. Et 2 jours avant le festival, j'ai eu un email comme quoi il y avait quelqu'un qui s'était désisté et que j’avais été choisie pour le remplacer.
C’était une expérience assez incroyable parce que c'était vraiment une expérience VIP… Ce jour-là, on est là avant que tout le monde arrive, on voit cet endroit immense tout vide comme un aéroport pendant le “lockdown” et on a un ticket pour aller voir les artistes se produire sur la main stage. Et c'est un week-end où il n’y a que des passionnés de country, donc on sait qu'on est au bon endroit, au bon moment. Ca s'était bien passé pour moi et ils m'ont rappelée l'année dernière. Pour cette année, je m'étais dit “ça fait 2 ans, il ne faut pas trop espérer” mais ils m'ont quand même rappelée et j'étais le headliner de cette petite scène¹ !
¹Ce soir-là, les artistes de la main stage étaient tout de même Keith Urban, Russell Dickerson, Alana Springsteen ou encore Tyler Braden.
Tu nous as parlé de ton EP en début d’interview… Où est-ce que tu en es avec ce projet ?
Mon dernier single “Second Look” est sorti le 3 avril et là je suis en train d'enregistrer le prochain. La chanson s'appelle “‘Til It Crashes” que ma sœur appelle la chanson de la vague. Ça parle de mes propres expériences encore une fois, mais je me suis beaucoup inspirée de l’imagerie de la série The White Lotus. J'ai même booké ce qu’il faut pour faire une vidéo pour la première fois pour ce single, au bord de la mer au Pays de Galles donc c'est assez excitant. Mon EP qui sortira probablement fin mai / début juin incluera donc mes 3 premiers singles plus ce dernier Et après l'idée c'est probablement d'aller enregistrer le prochain EP à Nashville.
Et est-ce que tu peux nous raconter comment ça se passe au niveau culture country music en Écosse ?
Alors je dirais que Glasgow, c'est la ville idéale si on veut faire de la country. C'est le hub culturel de l'Écosse, là où il y a les théâtres, les salles de spectacles, la musique… L'Écosse est très patriote dans le sens où ils essayent de pousser tout ce qui est régional, donc il y a de plus en plus de festivals qui sont à fond dans la musique gaélique, qui sont là pour justement faire perdurer la culture locale. C'est une bonne chose mais pour moi c'est plus difficile parce que je ne suis pas native d'ici, c'est ma 2e langue donc c'est vrai que parfois j'ai l'impression qu'il y aurait plus d'opportunités autour de Londres… Cette année j'essaie de voyager un petit peu plus pour me rendre à d’autres festivals et rencontrer d’autres artistes country basés ailleurs. Mais en tout cas à Glasgow même, il y a une grosse communauté country et j'ai rencontré des personnes qui m'ont beaucoup aidée. Et mon dernier single justement, c'est une collaboration donc c'est sympa d'avoir des amis qui font la même chose que soi au même endroit.
Comment tu te projettes ? Comment tu te vois dans les 3-5 prochaines années ?
Tu veux la version réaliste ou la version romantique ?
Du rêve ! Vends-nous du rêve Justine !
Je dirais que j'ai un goal assez tangible : je voudrais jouer à l’O2 Academy avant mes 35 ans. C'est une salle de taille médium à Glasgow (ndlr - 2500 places) mais c'est là où jouent généralement les artistes qui ne sont pas super connus mais qui sont talentueux. Donc faire la première partie de quelqu'un dans cette salle, ça serait vraiment vraiment cool. En plus c'est un ancien bâtiment et ils ont l'affichage à l'extérieur avec les vieilles lettres qui changent tous les jours, on voit ça du métro donc ce serait quelque chose d'assez émotionnel.
A plus long terme, on va dire mon rêve - mais alors là on ne met pas de timeline dessus - c'est de jouer au Ryman (ndlr - salle iconique à Nashville). Quand j'y suis allée cet été, il y a vraiment une atmosphère dans cette salle. Je me sentais spirituelle dans cet endroit, on sent toutes les âmes qui sont passées par là avant nous et ça, ce serait vraiment quelque chose de très significatif. Et après en termes de chanson, faire plus de collaborations, que ce soit écrire ou chanter avec quelqu’un d’autre. J'adorerais faire un duo avec un male singer, c'est quelque chose que je n'ai pas encore fait. Et rencontrer des gens qui sont plus avancés que moi, c'est toujours hyper inspirant.
Justine se produira - toujours en Ecosse - le dimanche 3 mai au festival Live in Loch Goil. En attendant la sortie de son 1er EP, ses premiers titres “Passenger Seat”, “On n’oublie pas” et “Second Look” sont toujours disponibles sur toutes les plateformes de streaming !
Site web : https://justinebeverley.com/
Instagram : https://instagram.com/justinebeverleymusic